Le mercredi 18 mars 2026, un événement d’envergure mobilisera le secteur des transports en Franche-Comté avec la convergence annoncée d’environ 200 véhicules taxis et ambulances sur l’axe routier entre Besançon et Vesoul. Cette grosse manifestation s’inscrit dans un contexte de forte contestation des professionnels des transports assis, concernée par la mise en application depuis quelques mois d’une convention-cadre imposée par l’Assurance-Maladie. Alors que la région joue un rôle stratégique de liaison entre plusieurs départements, cette mobilisation d’ampleur illustre les profondes tensions persistantes autour des tarifs et des conditions économiques du transport sanitaire et privé. Ce déploiement inédit vise non seulement à témoigner d’un mécontentement massif, mais aussi à attirer l’attention publique sur les enjeux vitaux pesant sur la survie économique de nombreuses entreprises locales de taxis et ambulances conventionnés.
Cette manifestation ne saurait être considérée comme isolée, car elle s’inscrit dans un mouvement national d’ampleur à travers la France, où plusieurs milliers de taxis protestent simultanément contre les nouvelles règles tarifaires. En Franche-Comté, toutefois, la mobilisation prend une dimension fédératrice, réunissant les professionnels autour d’un itinéraire symbolique entre Besançon, capitale régionale, et Vesoul, siège administratif de gestion des dossiers liés au transport sanitaire. Un convoi de 200 véhicules représente un impact visible et un puissant message adressé aussi bien aux autorités qu’à l’opinion publique. Cette journée blanche, marquée par des barrages filtrants et des actions de sensibilisation, est donc un moment clé pour comprendre les attentes et les revendications des chauffeurs qui traversent une période économiquement délicate depuis la mise en œuvre des nouvelles conventions tarifaires.
Les enjeux économiques majeurs derrière la mobilisation des taxis conventionnés en Franche-Comté
Depuis le 1er novembre 2025, une nouvelle convention-cadre passée entre l’Assurance-Maladie et les entreprises de taxi habilitées à transporter des malades a profondément bouleversé le secteur. En Franche-Comté, ce changement est perçu comme un choc économique direct, avec une baisse significative des revenus générés par les transports conventionnés, qui ne correspond pas à une diminution des missions mais uniquement à une réduction des tarifs appliqués. Concrètement, les chauffeurs constatent une chute pouvant atteindre entre 20 % et 38 % du chiffre d’affaires selon les territoires et les sociétés. Cette perte brutale fragilise durablement ces activités, et ce malgré la persistance de charges fixes importantes telles que le coût du carburant, l’entretien des véhicules, les assurances, et les salaires.
La hausse récente des prix du carburant, qui a augmenté d’un peu plus de 10 % depuis janvier 2026 en raison notamment des tensions internationales liées au conflit iranien, renforce encore plus la pression que subissent les entreprises de taxis conventionnés. Une situation d’autant plus critique que les nouvelles modalités tarifaires ne tiennent pas compte des disparités territoriales et des réalités économiques locales. Par exemple, les tarifs dans le Doubs et la Haute-Saône apparaissent près de 20 % inférieurs à ceux d’autres départements aux caractéristiques similaires, comme la Haute-Marne. Cette inégalité territoriale est dénoncée comme particulièrement injuste par les chauffeurs, qui demandent une harmonisation des tarifs à un niveau plus équitable.
Face à ces difficultés, plusieurs entreprises ont déjà signalé des licenciements, et certaines sont même menacées de fermeture. Le secteur est confronté à un cercle vicieux où la diminution de la rémunération conduit à une sélection plus rigoureuse des courses, affectant particulièrement les trajets les moins rentables. Cette dynamique a pour corollaire une diminution de l’offre de transport, des retards et annulations de transports médicaux, et donc un risque accru pour l’accès aux soins des populations concernées. Les taxis réclament donc avec insistance non seulement une révision des barèmes actuels, mais aussi une revalorisation de certains aspects comme la majoration des retours à vide, désormais nettement amoindrie.
Tableau comparatif des tarifs kilométriques appliqués dans différents départements
| Département | Tarif kilométrique (€/km) | Typologie | Commentaires |
|---|---|---|---|
| Doubs | 0,88 | Mixte urbain/rural | Tarif 20 % inférieur à Haute-Marne |
| Haute-Saône | 0,87 | Rural | Tarif similaire au Doubs malgré contexte comparable |
| Haute-Marne | 1,10 | Rural | Tarif de référence plus élevé |

Organisation et déroulement de la manifestation du 18 mars sur l’axe Besançon-Vesoul
La mobilisation du 18 mars est organisée par la Fédération des taxis du Doubs et se prépare depuis plusieurs mois en coordination avec les chauffeurs de toute la région Bourgogne-Franche-Comté. Le choix de l’axe Besançon-Vesoul n’est pas anodin : ce corridor relie deux centres névralgiques de gestion administrative du transport conventionné, avec la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) à Besançon comme point de départ, et la CPAM de Vesoul où se traitent de nombreux dossiers régionaux. Cette itinérance symbolique doit permettre une visibilité accrue des difficultés rencontrées sur le terrain.
La manifestation débutera dès 8 heures du matin, avec le rassemblement des près de 200 véhicules, regroupant taxis conventionnés et ambulances, ce qui souligne l’interprofessionnalité de cette mobilisation. Parmi les actions prévues figurent des barrages filtrants aux abords des péages, notamment à la sortie des barrières, ainsi que la distribution de tracts informatifs aux usagers afin de sensibiliser le grand public sur les enjeux liés à la nouvelle tarification et ses conséquences. Cette démarche vise aussi à expliquer en détail pourquoi la profession a choisi la voie de la protestation collective plutôt qu’une action isolée.
Un autre aspect clé sera la mise en place d’une « journée blanche », durant laquelle les taxis conventionnés cesseront leurs activités habituelles afin de marquer leur mécontentement. L’impact de cette action risque d’être significatif sur la disponibilité des transports sanitaires, ce qui accroît la pression sur les autorités pour engager rapidement un dialogue constructif. Cette journée de protestation ne se limite pas à la Franche-Comté, elle s’inscrit dans un mouvement national où plusieurs villes françaises voient des manifestations similaires, illustrant l’ampleur et la gravité de la crise qui touche ce secteur.
Les revendications principales portées par les chauffeurs de taxis en Franche-Comté
Les revendications des professionnels présents lors de la manifestation du 18 mars se focalisent sur plusieurs axes essentiels :
- Harmonisation nationale des tarifs kilométriques par le haut : les chauffeurs demandent que les départements appliquent tous des barèmes tarifaires équitables et suffisamment rémunérateurs, s’appuyant notamment sur les niveaux les plus élevés constatés dans des zones aux profils comparables, afin d’éviter une concurrence déséquilibrée au détriment des zones moins favorisées.
- Revalorisation de la majoration du retour à vide : actuellement, la rémunération liée aux trajets sans passager a été très diminuée, alors même que ces déplacements génèrent des coûts directs pour les chauffeurs, qui les considèrent indispensables pour équilibrer leur exploitation.
- Reconnaissance et adaptation aux spécificités territoriales : la profession insiste pour que la tarification tienne compte des contraintes géographiques, des distances et des coûts particuliers liés à l’exploitation en milieu rural plutôt qu’en zone urbaine.
- Mesures de soutien économique ciblées pour aider les petites entreprises et indépendants qui subissent les plus forts impacts financiers depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle convention.
- Dialogue renforcé avec les autorités pour permettre une prise en compte réelle des retours du terrain et une révision régulière des barèmes tenant compte des évolutions économiques et sectorielles.
La prise en compte de ces revendications est crucial pour éviter une érosion progressive du service public de transport sanitaire. Ces revendications, loin d’être purement corporatistes, visent également à garantir un accès équitable aux soins pour toutes les populations, notamment les plus fragiles ou éloignées des grands centres urbains. La manifestation du 18 mars est ainsi perçue par ses acteurs comme un avertissement clair.
Conséquences potentielles de la manifestation sur le réseau de transport sanitaire en Franche-Comté
L’impact de la mobilisation du 18 mars devrait se faire ressentir à plusieurs niveaux sur le réseau de transport sanitaire de la région Franche-Comté. Tout d’abord, la mise en place d’une journée blanche par les taxis conventionnés annonce un ralentissement marqué de la prise en charge des patients nécessitant un transport assis médicalisé, ce qui peut entraîner des reports ou annulations de rendez-vous médicaux essentiels.
Cette situation pose une sérieuse problématique pour les établissements de santé et les patients, notamment ceux résidant en zones rurales où l’offre alternative est limité. Lien incontournable entre le domicile et les centres médicaux, les taxis conventionnés assurent un service de proximité vital pour la continuité des soins. Un affaiblissement de ce service risque donc d’aggraver les inégalités d’accès à la santé.
Par ailleurs, la mobilisation peut pousser les pouvoirs publics à envisager des solutions à court terme, telles que la mise en place d’aides financières exceptionnelles, la révision urgente des barèmes ou encore des négociations approfondies avec les fédérations de taxis. Le tableau suivant synthétise quelques-unes des conséquences directes envisagées :
| Conséquence | Impact direct | Acteurs concernés |
|---|---|---|
| Journée blanche | Réduction temporaire de la disponibilité des taxis conventionnés | Patients, établissements de santé, taxis |
| Barrages filtrants et ralentissements sur l’axe Besançon-Vesoul | Allongement des temps de trajet, perturbations du trafic | Usagers, riverains, transporteurs |
| Pressions sur les autorités | Ouverture possible de négociations et revalorisations tarifaires | Fédérations de taxis, CPAM, gouvernement |
| Fragilisation économique des entreprises | Risque accru de fermetures et licenciements | Entrepreneurs, salariés |
Pour évaluer le poids réel de la mobilisation, il convient de suivre l’évolution de la situation dans les jours et semaines suivantes, notamment les réponses apportées par les instances représentatives et le gouvernement aux revendications portées sur ce dossier sensible.
Quelles sont les raisons principales de la mobilisation des taxis en Franche-Comté le 18 mars ?
La mobilisation est principalement due à la baisse significative des tarifs imposée par la convention-cadre de l’Assurance-Maladie, qui impacte lourdement la rémunération des taxis conventionnés et fragilise leur activité économique.
Comment la nouvelle convention-cadre affecte-t-elle le chiffre d’affaires des taxis ?
Cette convention a entraîné une baisse du chiffre d’affaires entre 20 % et 38 % selon les secteurs, sans diminution du volume de missions, ce qui déséquilibre la rentabilité des entreprises de taxi.
Quels sont les territoires les plus affectés par les disparités tarifaires ?
Le Doubs et la Haute-Saône sont particulièrement impactés, avec des tarifs kilométriques environ 20 % inférieurs à ceux de la Haute-Marne, malgré des caractéristiques territoriales similaires.
En quoi consiste la journée blanche organisée le 18 mars ?
Il s’agit d’une cessation d’activité volontaire des taxis conventionnés pour marquer leur mécontentement et mettre en lumière la gravité de la situation auprès des pouvoirs publics et du public.
Quelles sont les revendications des chauffeurs lors de cette manifestation ?
Les principales revendications incluent une harmonisation des tarifs par le haut, une meilleure rémunération du retour à vide, une adaptation aux spécificités territoriales et un renforcement du dialogue avec les autorités.